Marie ACASTILLONE

BIENVENUE AU GAULISTAN


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Bienvenue au GAULISTAN  .

Au Gaulistan, en 2027, l'héroïne, Vibrice de Vaux-Mornay, chirurgienne pédiatrique, arrive au pouvoir. Tout au long de son parcours émaillé de péripéties, elle mène une révolution non violente qui modifie profondément la politique de son pays.

Attention: Pour ceux qui préfèrent lire un livre "imprimé", il existe une version papier disponible au prix de 9 euros. demandez la par mail à marie.acastillone@gmail.com.

 


Hold-up de la finance sur la démocratie : existe-t-il une contre-attaque ?

 

 

 

Par Marie Acastillone

 

La démocratie représentative, qui a la réputation d'être le régime politique le plus à même de marier efficacité et légitimité du gouvernement, vit de multiples crises.

 

Sa légitimité est contestée à cause de l'influence de l'argent et des médias dans les campagnes électorales, de la montée de l’abstention et de la chute vertigineuse du nombre d’adhérents dans les partis politiques qui restent cependant les seuls à pouvoir présenter des candidats sérieux.

 

Son efficacité est douteuse car un gouvernement élu démocratiquement resterait-il longtemps en place s'il prenait les mesures nécessaires pour tenter de prévenir l'effondrement climatique, économique et social que nous voyons venir ? Les gouvernements sont bridés par les dettes, le poids des lobbies et des multinationales.

 

Sa valeur représentative est limitée car Hitler, un exemple parmi bien d'autres, a été élu démocratiquement.

 

En fait, nos démocraties sont des coquilles vides car les élections qui en constituent le socle sont nées dans un contexte différent de celui dans lequel elles sont utilisées aujourd’hui. Actuellement, le débat public se déroulant dans le cadre des élections est devenu un spectacle soigneusement contrôlé, géré par des équipes rivales de professionnels spécialisés dans les techniques de persuasion. La majorité des citoyens se laisse manipuler car ceux-ci ne peuvent réagir aux messages démagogiques qu’on leur envoie. Dans les coulisses de ce jeu électoral, la véritable politique se fait dans le cadre de contacts directs entre les gouvernements élus et l'oligarchie qui représente les intérêts des milieux d’affaires.

 

Nos dirigeants ne sont plus représentatifs du peuple et des différentes professions. La majorité est issue d’écoles qui les ont formatés pour devenir de hauts fonctionnaires. On a sélectionné parmi eux les plus intéressés pour arriver au pouvoir et s'y maintenir. Peut-on encore appeler cela une démocratie, c’est-à-dire le pouvoir du peuple ?

 

Dans son ouvrage Contre les élections, David Van Reybrouck[1] montre comment la démocratie a été progressivement réduite à la démocratie représentative et la démocratie représentative à des élections. Or, ces élections sont un outil primitif et les démocraties qui s’y limitent sont condamnées à mort. D’où sa proposition de revenir à une forme de tirage au sort. Il est rejoint dans cette voie par de nombreux auteurs dont Etienne Chouard[2].

 

Le tirage au sort n'est pas récent. Il a été utilisé à Athènes cinq siècles avant notre ère, à Venise et Florence durant la Renaissance, et plus récemment lors de nombreuses expériences relatées par Van Reybrouck. Celui-ci a montré qu'il existe des modèles de démocratie organisés sur des bases totalement différentes et dont ne nous parlent pas nos hommes politiques et les médias dominants. Même s'il est prouvé que le tirage au sort peut bien fonctionner (comme dans les jurys d’assises), il est difficile de contrer l'argument de ceux qui s'exclament : « nous ne voulons pas monter dans un avion dont le pilote a été tiré au sort »,  ou encore « il existe des êtres malfaisants, malades ou stupides auxquels je refuse de confier quelque responsabilité que ce soit, même contrôlée ».

 

Le but de ce petit bouquin est de proposer un complément au tirage au sort, qui réponde à ces objections. Il s'agit d'associer le tirage au sort à des élections sans candidat. Cela nécessite de commencer au niveau local, pour des petits groupes réunis par l'habitat, la profession ou d'autres critères. En pratique, cela revient à désigner par élection les personnes (environ 5-10 % du nombre d'électeurs) en qui les citoyens ont le plus confiance pour les représenter et à en tirer une ou plusieurs au sort. Il peut y avoir deux tours de scrutin, ce qui permet aux personnes ne souhaitant pas être élues de se désister entre les deux tours. Avec un mandat qui n'est pas renouvelable, le risque de clientélisme ou de corruption devient pratiquement nul, car faire sa promotion ou celle d'un autre pour un résultat aléatoire est inutile. L’avantage d’un tel système est que les futurs responsables, tout en ayant été jugés compétents par leurs semblables, sont délivrés du joug des groupes de pression et réseaux en tous genres. Rendre les dirigeants incorruptibles, ce n’est pas les rendre plus honnêtes, c’est mettre en place un système dans lequel il est très difficile de les corrompre. Le goût du pouvoir ne doit pas être la motivation des responsables car le pouvoir en main, ils seront prêts à tout pour le conserver. Dans le système du tirage au sort à partir des listes de personnes de confiance, un « élu-tiré au sort », lorsqu’il a fini son mandat, reprend son activité antérieure. Il n’a donc pas besoin de relations ou d’amis pour financer une réélection qui, par définition, n’existe pas.

 

La fonction essentielle des mandataires est de travailler avec leurs homologues des autres groupes, dans des conventions citoyennes traitant toutes les questions qui se présentent. Nous sommes là à un niveau de représentation purement local. Vers la fin de leur mandat, les mandataires, qui constituent un socle d'électeurs compétents et responsables, élisent puis tirent au sort parmi eux les personnes de confiance du niveau de responsabilité supérieur. La grande majorité, qui n'aura pas été « élue-tirée au sort », retourne à sa vie professionnelle antérieure. Les autres effectuent leur nouveau mandat puis reproduiront encore le même schéma d'élection-tirage au sort. Ainsi, de l'échelon local à l'échelon national, ceux qui auront été retenus auront toutes les chances d'être parmi les plus compétents, bien plus en tout cas que ceux qui sont aujourd’hui sélectionnés par leur parti et motivés par des ambitions de carrière. Le tirage au sort les empêche de tirer une gloire personnelle de leur responsabilité et d’envisager une carrière dite « politique » au sens où on l’entend actuellement. Ce système est assorti de la possibilité d'interrompre le mandat de ceux qui se révèleraient incompétents.

 

Cette façon de modifier le mode de recrutement de nos représentants permettrait de lever les blocages qui empêchent d'entreprendre les réformes indispensables à la survie de l’humanité, réformes que nos systèmes politiques épuisés sont incapables de mettre en oeuvre.

 

Pour conclure, le tirage au sort parmi des citoyens préalablement désignés comme personnes de confiance par une élection sans candidat constitue un moyen de s’affranchir des défauts des démocraties actuelles soumises aux puissances de l’argent, où fleurissent le copinage, le clientélisme et la corruption, au point qu’il n'est pas exagéré de parler d'un hold-up réalisé en toute impunité par la finance sur la démocratie.

 

 

 

 

 



[1] David Van Reybrouck, Contre les élections, Actes Sud, 2014.

[2] http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

 

 

Pour développer cette idée, et la rendre accessible au plus grand nombre j'ai écrit ce court roman d’anticipation, Bienvenue au Gaulistan, qui est une sorte de roman de gare dans lequel une chirurgienne pédiatre arrive à la présidence de la République et met en place cette nouvelle forme de démocratie. Ce petit livre est téléchargeable gratuitement sur ce site :  Il en existe aussi quelques exemplaires imprimés.

 

Si vous le lisez et le trouvez intéressant je vous serais reconnaissante de diffuser cette information.

 

Cordialement

 

Marie Acastillone